News

Bouger, c'est la santé !

De nombreuses études scientifiques le démontrent : l’activité physique est un facteur important permettant de lutter contre le développement de certaines maladies et la mortalité prématurée. Entretien avec Benoît Lebègue, kinésithérapeute au CHR Haute Senne.

Travail de bureau, transports motorisés, loisirs toujours plus passifs. C’est un fait, notre population est de plus en plus sédentaire. Alors que, génération après génération, nos ancêtres étaient actifs la plus grande partie de la journée, la tendance s’est inversée en à peine plus d’un siècle. Jamais l’être humain n’a si peu bougé. Or, il est programmé génétiquement pour. “Les problèmes de santé dus au manque d’activité physique n’apparaissent pas tout de suite, mais essentiellement après 50-60 ans, explique Benoît Lebègue. La sédentarité augmente les facteurs de risque qui conduisent à développer les maladies dites chroniques, dont les maladies cardiovasculaires qui sont la première cause de mortalité dans le monde occidental.”

Jamais trop tard

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’inactivité physique est la quatrième cause de mortalité derrière l’hypertension artérielle, le tabac et le diabète. C’est un facteur de risque plus important que l’obésité, le cholestérol ou l’alcool. Concernant la mortalité due aux maladies chroniques, l’inactivité physique est le deuxième facteur de risque. “Plusieurs études scientifiques importantes ont démontré l’effet protecteur de l’activité physique sur la mortalité prématurée ou le développement des maladies chroniques, note le kinésithérapeute. Il est maintenant parfaitement établi que l’inactivité physique est un facteur de risque totalement indépendant des autres facteurs.”

Il est donc essentiel d’encourager la population à se mouvoir davantage et ce, dès le plus jeune âge. “Même les personnes à capacités physiques limitées, dans la mesure de ce qui leur est possible”, souligne M. Lebègue. Non seulement l’activité physique prévient le risque de maladie mais, après un évènement (infarctus, AVC, cancer, etc.), elle contribue à diminuer le taux de récidive. “Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre puisque l’on peut améliorer sa condition physique à tout âge”.

Redonner confiance

Dans cette optique, le service de kinésithérapie et revalidation fonctionnelle du CHR Haute Senne propose des programmes de reconditionnement physique à destination des personnes requérantes, ou des patients les plus à risque. “Notre objectif n’est pas d’accueillir tout le monde, mais de diffuser le message selon lequel le déconditionnement physique peut être à l’origine de douleurs musculo-squelettiques qui détériorent la capacité fonctionnelle et la qualité de vie des individus,  exprime M. Lebègue. Notre action est  d’aider les personnes qui ont aussi besoin de reprendre confiance en leurs capacités.”

Plusieurs  options  possibles

Pour permettre aux patients de récupérer leur condition phy-sique, le service de kinésithérapie du CHR Haute Senne propose :

  • l’école du dos
  • la revalidation cardio-respiratoire
  • la clinique d’amaigrissement
  • la clinique de nutrition pédiatrique

Egalement depuis septembre dernier, un nouveau service de reconditionnement post-chirurgie bariatrique.  “Dans le traitement de l’obésité et des facteurs de comorbidités, la chirurgie bariatrique démontre son efficacité, déclare Benoît Lebègue. L’activité physique est cependant un facteur important pour maintenir la perte de poids à long terme et retrouver une bonne condition physique. C’est sur ce point qu’un traitement kinési-thérapeutique peut être utile dans les mois qui suivent l’intervention chirurgicale, pour les patients qui le souhaitent.

Interview de Mr Benoît Lebègue par Angelika Zapszalka - New's 21 (Mars 2017)